Église Notre-Dame de la Salette

L'église se situe face à la mairie de la commune, au croisement entre la rue de la Viéville, la rue du Calvaire et la rue de la Cauchy.

L'église de Sauchy-Cauchy pendant la Révolution

D'après un acte de 1221, le village de Sauchy-Cauchy dépendait de Oisy-le-Verge. Déjà au XIVème siècle, le village dépendati de l'abbaye d'Anchin qui nommait le curé pour une redevance annuelle de 232 livres. Au XVIIIème siècle, la Fabrique (organisme chargé de gérer les domaines à caractère religieux) enrichie, désirait construire une plus grande église, au même emplacement que la chapelle qui se trouvait être utilisée comme église.

C'est en 1760 que les travaux commencèrent. Pour l'occasion, le comte d'Assignies de Oisy était venu poser la première pierre. Sans grand caractère architectural, mais coquette, elle était en briques avec un soubassement en grès, et possédait trois nefs. En 1857, un nouveau clocher en bois de style roman avec une cloche de 1147 livres, fut bâti sous la direction de l'architecte Alfred de Grigny, où un devis de 6 976 francs avait été établi.

En 1864, des travaux pour le repavage en pierres bleues furent entrepris avec l'accord de Monsieur Napoléion Henri DELFOLIE, maire de la commune, ainsi que du préfet. Le montant des travaux s'élévait à 600 francs. Le 9 juin 1875, la Fabrique fit une demande d'achat d'objets mobiliers pour la somme de 200 francs. L'acquisition de l'autel fut accordée le 13 avril 1876. La création d'un calvaire fut autorisée le 16 décembre 1897.

Le cimetière, entouré d'un mur, était placé autour de l'église, et à l'extérieur (au mur Nord), existait une pierre tombale fruste. C'est en 1792 que les tombes furent déplacées à l'emplacement du cimetière actuel, sur le chemin de Baralle, au lieu-dit le Maraîchon, aujourd'hui rue de l'Egalité. Deux pièces de terre avaient été achetées par la commune, l'une appartenait à Monsieur Hugot TRICHET pour 300 francs et l'autre à Monsieur Herbert GOURDIN pour 500 francs.

L'église datant d'avant 1914, avait un mur qui l'entourait. Elle se trouvait au carrefour des rues de la Viéville et du Calvaire. Notre église fut détruite durant la guerre 1914-1918, et fut reconstruite sur le même emplacement, mais dans un sens inversé: le clocher dirigé vers l'Est.

Elle a pour vocable actuel: Notre-Dame.

Source: Extrait de la Revue d'histoire locale - numéro 10, 2009, rédigé par Marie-Lise MERCIER-MARQUET

L'église de Sauchy-Cauchy en 1789

Comme expliqué précédemment, la Fabrique (organisme chargé de gérer et de superviser les domaines immobiliers à caractère religieux), voulut avoir une église plus spatieuse et en décida la construction. C'est le comte d'Assignies d'Oisy qui vient poser la première pierre en 1760.

Cette église, vite édifiée, avait des murs trapus en briques rouges, avec des soubassements surélevés en grès du pays. Elle avait un vaisseau large de 36 pieds (soit 11,80 mètres) et de 49 pieds (soit 16 mètres) de longueur; également un sanctuaire de 17 pieds (soit 5,61 mètres) de large sur 24 pieds et 8 pouces de longueur (8,13 mètres). La voûte de la nef principale était supportée par huit colonnes massives, mais sans lourdeur, elle était donc harmonisée avec l'ensemble. Le choeur comportait des bancs d'oeuvre destinés aux choristes. Le long des murs des bas-côtés se trouvaient des stalles en chêne réservées aux hommes. De nombreux socles supportaient les statues des saints vénérés dans la paroisse. On remarquait un "arbre artificiel" dont les branches s'élevaient en trois principaux étages. On l'appelait l'Arbre de la vierge, il existait déjà au 17ème siècle. Le clocher était en bois avec une cloche de 1147 livres.

En 1789, Maître Jospeh Lucas en était le curé depuis 12 ans. Ce fut un ecclésiastique réfractaire, remplacé par un curé constitutionnel, l'abbé Sujol.

L'inventaire de l'église de Sauchy-Cauchy

L'arrêté du district de Bapaume du 04 octobre 1793, ordonnait de faire l'inventaire de tous les meubles et obkets du culte. Le 13 octobre, les officiers municipaux désignèrent des commissaires pour procéder à un premier inventaire de l'église de Sauchy-Cauchy. La liste fut déposée au district de Bapaume le 19 novembre par l'ordre de Messieurs Pajot et Cailleret, commissaires du district.

Le 15 décembre, un second inventaire eut lieu à Sauchy-Cauchy. Il comprenait: une clochette, un bénitier, une croix, une lampe, huit chandeliers, une clochette en métal, un calice, une patène avec une petite cuillère en argent, un ciboire argenté, une monstrance dorée, une navette, un encensoir, des vases, des ornements d'église,....

Pendant que les "sans culotte" vidaient l'église, saccageaient tout et amassaient les statues des Saints devant l'église pour y mettre le feu, un petit garçon de onze an, François Loubet de Sauchy-Cauchy, déroba une petite statue de Saint Laurent qu'il cacha dans sa blouse pour la rapporter à ses parents. Elle était en bois polychromé doré et finement sculptée et mesurait environ 35 centimètres. Elle fut dissimulée et protégée durant toute la Révolution.

Lorsque le culte fut rétabli en 1800, elle fut rendue à l'église de Sauchy-Cauchy qui à son tour l'offrit à la famille qui l'avait cachée. L'arrière petit-fils de François Loubet, prêtre héritier de la petite statue de Saint Laurent en fit don au musée diocésain d'Arras.

L'église de Sauchy-Cauchy, déclarée temple de la raison en 1794, resta désaffectée jusqu'en 1799. On y célébra des fêtes républicaines votées en convention: Fête de la déesse Raison, des Martyrs de la liberté, de la jeunesse, des vieillards, des épouses, de l'agriculture,...

L'église fut vendue comme propriété nationale le 31 janvier pour 13 000 francs payables en assignats, réduite à 204 francs en espèce. Charles François Lefebvre de Sauchy-Cauchy la revendit pour 400 francs aux Sieurs Pierre-François Ficheux, Emmanuel Bouchet, Jean Verret, Charles Baillet, Pelage Lefebvre, la veuve Ducastel, Jean Delfolie, Martin Dazin et Pierre Drode. L'église de Sauchy-Cauchy fut finalement rachetée pour la somme de 422 francs pour qu'elle ne soit pas détruite.

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Source: Extrait de la Revue d'histoire locale - numéro 9, 2009, rédigé par Marie-Lise MERCIER-MARQUET